La Capeb (*) est l'organisation professionnelle des 5.200 entreprises artisanales du bâtiment dans le Finistère. Autant dire que la parole de leur président a du poids.
Samedi dernier à Quimper, Albert Quenet a donc présidé une assemblée générale atypique. Car désormais la crise est là, après dix années plutôt euphoriques, dynamisées par l'obtention, en 1999, d'une TVA à 5,5 % pour les travaux d'entretien et de rénovation des logements.
« Actuellement, nous ne sommes pas encore touchés par le retournement de conjoncture, explique Albert Quenet. Mais les carnets de commande se vident peu à peu. Ils tiendront jusqu'au mois d'avril pour les plus serrés et au mieux jusqu'à l'été. Si d'ici là, il n'y a pas de retournement, nous serons impactés ».
Le défi de la performance énergétique
Les artisans ont quelques motifs de satisfaction. « L'arrivée du prêt à taux zéro nous va bien mais les banques traînent les pieds ». Les artisans sont aussi inquiets du lancement fracassant de la notion d'auto-entrepreneur. « Nous craignons une concurrence déloyale avec des personnes qui auront moins de contraintes, souligne Patrick Leroux. Il faut savoir qu'elles offriront aussi moins de garantie et seront moins protégées en cas d'échec ».Les artisans veulent aussi répondre aux nouvelles demandes du marché sur l'environnement. L'éco-artisan arrive. « Les opérations de rénovation thermique vont constituer un réservoir de travail pour l'artisanat du bâtiment, souligne Patrick Leroux, secrétaire général de la Capeb. Nous devons former les artisans, leur donner les outils pour relever le défi de la performance énergétique des logements ».
Réapprendre à travailler en réseau
Pour les clients, l'identification d'éco-artisan garantira l'aptitude à réaliser des diagnostics et proposer des solutions. Les aides financières sont, en effet, conditionnées à une obligation de résultat. « L'artisan est d'autant plus concerné que la rénovation est son marché privilégié, ajoute Albert Quenet. La période de manque de travail actuelle doit être utilisée pour former les salariés. Pendant dix ans, nous nous sommes contentés de répondre à la demande. Nous avons aussi laissé s'installer des marchands. L'artisan doit réapprendre à travailler en réseau avec ses collègues ». La crise sera aussi pour l'artisanat, l'occasion d'un bilan sur ses pratiques.Ronan Larvor - Le Télégramme (Photo R.L.)

