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C'est la crise. Les Bretons épargnent

Article ajouté le lundi 2 mars 2009

Crise oblige, les Bretons épargnent plus que jamais. Et restent en France les rois de l'épargne bancaire : hors livrets A, le pécule moyen par habitant en comptes et livrets à la banque atteint 7.172 euros. Seuls les Auvergnats font jeu égal !

Comme les Français qui économisent plus de 15 % de leur revenu, les Bretons remplissent soigneusement leur bas de laine, au besoin, en se serrant la ceinture. Un comportement qui se confirme en ces temps de crise où la peur du chômage et de l'avenir incite à jouer les fourmis plutôt que les cigales. Mais pas question de prendre trop de risques. Un tiens valant mieux que deux tu l'auras, l'épargnant breton cherche la sécurité c'est-à-dire des placements plutôt à court terme qu'à long terme, plus ou moins fiscalisés et où l'argent est disponible à tout moment. De quoi voir venir en cas de coup dur.

Au 31 décembre 2008 en Bretagne, selon la Banque de France, ce sont 45 milliards d'euros qui étaient tenus au chaud dans les banques bretonnes sous forme, dans l'ordre d'importance, de livrets, plans épargne logement (PEL), livrets d'épargne populaire (LEP), livrets de développement durable (LLD, ex-codevi) et comptes épargne logement (CEL). Une somme rondelette (deux milliards de plus en un an) qui place la Bretagne au quatrième rang des régions de province alors qu'elle n'est que la sixième en nombre d'habitants.

Champions de l'épargne logement

Les Bretons, et notamment les Finistériens, sont également les champions de l'épargne logement. Avec 11 milliards d'euros sur leurs PEL, ils mettent la Bretagne au second rang des régions. Logique : 65 % des Bretons sont propriétaires contre 57 % en moyenne en France. Soucieux d'acheter une maison ou un appartement au plus tôt, les Bretons épargnent en vue de cette acquisition.

« La pierre reste le placement numéro un »

« Globalement, les Bretons sont des gens qui préfèrent assurer leur épargne pour être rassurés. On retrouve ce besoin de sécurité dans la structure de leur patrimoine qui est essentiellement immobilier. La pierre demeure leur placement numéro un », rappelle Jean-François Bideau, responsable du service patrimoine et immobilier au Crédit agricole du Finistère.

« Tous les produits volatils ont moins la cote. Les Bretons sont moins preneurs de démarches risquées », confirme Stéphane Briand, directeur commercial du Crédit mutuel de Bretagne. Ce qui évidemment laisse entendre que les ménages bretons ont été moins exposés à la crise boursière. Au Crédit mutuel, on confirme cet engouement pour les produits bancaires sécurisés du type livrets, comptes ou plans épargne logement. « Cela représente la moitié de l'encours de notre épargne en stock contre 40 % pour l'assurance-vie et 10 % pour l'épargne financière », ajoute Stéphane Briand, au Crédit agricole du Finistère.Cet engouement a été particulièrement significatif en 2008 où plus de 70 % de la nouvelle épargne collectée par la banque mutualiste s'est portée sur les produits bancaires sécurisés au détriment de l'assurance-vie. Cette dernière connaît un regain d'intérêt en 2009 avec la chute des taux à court terme.

Frédérique Le Gall - Le Télégramme