L'actualité de l'immobilier et de la maison Avec le magazine "Ma Maison" et le quotidien "Le Télégramme"

Des lotissements qui se développent dur

Article ajouté le mercredi 26 septembre 2007

On parle beaucoup de développement durable dans les discours. Sur le terrain, les choses sont moins évidentes en matière d'urbanisme et de logement. Ainsi, la taille maximum des parcelles dans les lotissements aurait donné lieu à un bras de fer lors de l'élaboration du Scot (*), qui va s'appliquer sur le Pays de Saint-Brieuc.

On parle beaucoup de développement durable dans les discours. Sur le terrain, les choses sont moins évidentes en matière d'urbanisme et de logement. Ainsi, la taille maximum des parcelles dans les lotissements aurait donné lieu à un bras de fer lors de l'élaboration du Scot (*), qui va s'appliquer sur le Pays de Saint-Brieuc.

Du développement durable, il en fut beaucoup question vendredi, lors de la réunion de l'association Architecture et maîtres d'ouvrage Bretagne - Pays-de-Loire (Ammo) sur les objectifs de la politique de l'Anru à Saint-Brieuc (lire Le Télégramme du 22 septembre). Car, si les objectifs de l'Anru ont été favorablement perçus par ces professionnels, ceux-ci ont été nettement plus critiques sur la surface moyenne des lots pour les habitations individuelles envisagée dans le cadre du Scot, soumis à enquête publique jusqu'au 18 octobre.

« Il y a eu un débat »


Une surface fixée à un maximum de 700 m² que nombre d'architectes ont jugé trop important pour répondre à des objectifs de développement durable. Celui-ci suppose des temps de transports réduits et une densité d'habitat élevée pour réduire la pollution. « La maison individuelle n'est pas la bonne échelle pour les économies d'énergie. Il s'agit plutôt des petits collectifs, des maisons de ville », a commenté un architecte. À titre de comparaison, ce même seuil de parcelle pour maison individuelle est de 350 m² maximum, à Rennes métropole. Mais voilà, lorsque le sujet a été examiné au Pays de Saint-Brieuc, certaines communes auraient menacé de quitter la table si elles n'obtenaient pas gain de cause. « Il y a eu un débat qui n'était pas simple, admet Loïc Cauret, le président du Pays. L'enjeu était tellement fort qu'il fallait un compromis acceptable et susceptible d'évolution. Nous n'avons certes pas la densité de Rennes, mais le Pays de Saint-Brieuc représente quand même un tiers du département ».

« Il y aura du locatif »


« Des villes comme Saint-Brieuc ou Lamballe sont déjà en dessous de ces 700 m², poursuit le maire de Lamballe. Mais d'autres communes, plus rurales, devaient se poser des questions. Il fallait faire preuve de pédagogie : d'ailleurs, cette règle a été adoptée à l'unanimité. Certaines associations, des élus ou des services de l'État considèrent sans doute qu'on aurait pu aller plus loin. Mais le Pays de Saint-Brieuc a l'habitude de travailler dans le compromis ». Enfin, rappelle Loïc Cauret, « le Scot peut être réévalué tous les cinq ans, il ne faut pas l'oublier ». Et, le plus important à ses yeux, c'est cette autre règle qui fixe qu'au-delà de huit lots dans un lotissement, il y aura obligation pour le promoteur ou la commune de faire du locatif aidé comme le prévoit la loi SRU. Ce qui n'enlève rien à la pertinence de cette réflexion faite vendredi par un architecte : « Aujourd'hui, on bâtit des écoles Haute qualité environnementale, sans se soucier de savoir si les lotissements construits autour le sont ».
* Schéma de cohérence territoriale.

Tangi Leprohon - Le Télégramme