«Aujourd'hui, beaucoup d'entreprises font du greenwashing (NDLR: procédé marketing visant à donner une image écologique) mais ne sont écolos qu'en façade», constate Franck Routier, qui réalise des travaux de peintures naturelles au sein de Creabat.
Un constat partagé par Stéphane Bocher, qui dirige Éco'Élec spécialisé dans la biocompatibilité électrique, mais également par Tristan Brisset, d'Essences bois, menuisier travaillant à partir de bois locaux et Boris Cocquempot, spécialisé dans les chauffages naturels au sein de Pelican.
Tous les corps de métiers
Tous ont la même vision de l'éco-habitat, qu'ils souhaitent promouvoir dans le Pays de Morlaix. Parce qu'«on est plus fort à plusieurs», les quatre artisans ont décidé de se regrouper au sein d'une association, la CEPE (Coordination des entreprises professionnelles de l'écohabitat), créée en mars dernier. Leur objectif: la création d'un pôle éco-construction. Il s'agira d'un lieu d'information et de formation sur l'éco-habitat, une vitrine pour les artisans locaux, qui pourront ainsi mutualiser leurs besoins et leurs coûts de fonctionnement.Déjà, une trentaine d'entreprises souhaite adhérer à la CEPE qui pourrait, à terme, réunir tous les corps de métiers, de l'architecte à l'artisan chargé des finitions. Ainsi, un client souhaitant construire un habitat sain pourra trouver, dans cet éco-pôle, toutes les explications et prestations dont il a besoin.
Une réelle éthique
Etre une entreprise spécialisée dans l'éco-habitat signifie non seulement travailler à partir de matériaux naturels, mais aussi avoir une démarche globale respectueuse de l'environnement, y compris en dehors du chantier. Les artisans de la CEPE font d'ailleurs part de leur définition de l'éco-conception, dans le cadre de la semaine de l'innovation.Afin de s'assurer que les entreprises souhaitant faire partie de la CEPE ont une réelle éthique «verte», elles devront adhérer à la charte Éco Bâtir, ainsi qu'à celle du réseau Approche.
Pour mener à bien leur projet, les fondateurs de la CEPE s'associent au Pays de Morlaix afin de trouver le lieu idéal d'implantation. «Nous souhaitons être à Morlaix pour avoir de la visibilité», explique Franck Routier. «Dans un local à rénover», ajoute Stéphane Bocher.
Lotissements écolo
Comment la CEPE imagine le paysage immobilier de demain? Les maisons neuves et individuelles laisseront la place aux rénovations et à des lotissements écologiques avec, par exemple, une chaufferie solaire collective. Aujourd'hui, l'heure est à l'incitation à l'éco-construction avec le crédit d'impôt «développement durable» (qui permet à un particulier de déduire de ses impôts sur le revenu une partie des dépenses réalisées pour certains travaux d'amélioration énergétique portant sur sa résidence principale). Demain, elle pourrait être à la sanction, comme à Barcelone, où les bâtiments neufs ou rénovés doivent être équipés de chauffe-eau solaires sous peine d'amende. Le mouvement écologique est définitivement en marche, aidé par des acteurs locaux convaincus et impliqués.Le Télégramme

