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Ile de Batz. Logement, le désarroi de trois familles

Article ajouté le mardi 16 juin 2009

La problématique du logement est complexe sur une île. Au mois de mai, Le Télégramme (édition du 5)relatait l'affaire dite du Mezzou-Grannog.

Dans trois affaires, le tribunal administratif avait annulé des décisions du conseil municipal concernant l'attribution et la vente de terrains du lotissement communal de Mezzou Grannog, ainsi que l'autorisation de lotir sur ce lieu. Sur les cinq terrains attribués, deux maisons ont déjà été bâties. Ce sont donc trois propriétaires qui se trouvent aujourd'hui acquéreurs d'un terrain devenu inconstructible. La municipalité fait appel, et en attendant, les trois ex-futurs propriétaires se posent des questions.

Démunis

Sandrine et Fred sont tous les deux originaires de l'île. Ils vivent depuis 1999 dans un des logements sociaux créés au phare. Dès le début, ils ont postulé pour un terrain au Grannog. À 30€ le m², l'occasion de devenir propriétaire était unique. Fred est goémonier, Sandrine actuellement en congé parental, travaille au Jardin Delasselle. «Nous sommes dans l'incapacité financière de racheter les maisons de nos grands-parents», raconte Sandrine. «Ce terrain est notre seul espoir de devenir propriétaire sur l'île». Depuis la décision de reclassement de cette zone, ils ne savent plus où ils en sont. «Les plans de la maison sont rangés dans un tiroir, nous continuons à payer un prêt pour un terrain où l'on ne pourra peut-être jamais vivre».

Remboursement par la municipalité

Adeline, elle, est originaire des Vosges. Elle est arrivée sur l'île avec ses trois enfants, il y a huit ans. Depuis cinq ans, elle a monté une friterie sur le port. Il y a deux ans, elle a acheté, elle aussi, un terrain. «J'ai tout de suite fait faire un premier plan de la maison, qui a été refusé». Avant que la situation ne se radicalise, son travail saisonnier ne lui suffisait plus. «J'ai décidé de quitter l'île et de partir ouvrir un commerce ailleurs», confie-t-elle. Elle est la seule, pour l'instant, à avoir demandé le remboursement de son achat auprès de la municipalité. Rachat voté au dernier conseil municipal.

Huit déménagements en quatre ans

Quant à Jonathan, il est pêcheur. Il vit avec Marie qui est originaire d'Alsace. «En quatre ans, nous avons déménagé huit fois», déclare Marie, nouvellement installée et heureuse de ne pas passer l'été au camping. «Il y a peu de maisons à louer toute l'année, et souvent, il faut partir durant l'été», résume-t-elle. Alors, lorsqu'il a été question de devenir propriétaire, ils n'ont pas hésité. Depuis le reclassement, ils attendent. «Nous ne pouvons pas nous défendre, car c'est une procédure administrative entre la commune et l'État», déplorent-ils. Suite en appel à la fin de l'année...

Le Télégramme