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Immobilier : Petits pas pour le climat

Article ajouté le mardi 18 septembre 2007

Il est temps de se bouger pour le climat. Le Réseau D'initiatives et d'Actions Climat 29 a décidé de secouer les Finistériens qui ne sont pas assez pionniers en la matière. Cette semaine d'information permettra pourtant de découvrir des initiatives locales.

Il est temps de se bouger pour le climat. Le Réseau D'initiatives et d'Actions Climat 29 a décidé de secouer les Finistériens qui ne sont pas assez pionniers en la matière. Cette semaine d'information permettra pourtant de découvrir des initiatives locales. À Plogastel-Saint-Germain, Plozévet, des élus ont décidé de mettre leurs plans d'urbanisme en phase avec le développement durable. Ici et là dans la campagne, des maisons différentes sortent de terre, toujours exemplaires, trop rarement copiées. À Douarnenez, comme à Carhaix, bientôt peut-être à Pont-l'Abbé, Ergué-Armel, les parents inventent de nouvelles façons de se passer de la voiture en prenant le pedibus.

À Plozévet : « Tout le monde doit se remettre en cause »


La commune de Plozévet a engagé une réflexion à long terme sur un aménagement de l'espace différent. Elle se concrétisera dans le Plan local d'urbanisme révisé, qui devrait voir le jour dans deux ou trois ans. « Nous avons deux axes de travail, explique le maire, Pierre Plouzennec. L'un concerne les déplacements (vélo, piéton), l'autre un projet d'éco-quartier. Les études ont notamment été réalisées avec la collaboration de l'institut de géoarchitecture de l'UBO ». « Je ne veux pas d'un éco-quartier comme à Bazouges-sous-Hédé, qui soit un peu élitiste. Si un tel projet est réservé à une population éclairée, aisée, on ne pourra pas atteindre les objectifs. Nous voulons trouver un opérateur HLM qui s'engage sur des logements pour handicapés, du semi-collectif, des logements en accession à la propriété. Au final, il restera une dizaine de lots privés ». « Il y aura un cahier des charges précis, qui obligera à des dérogations par rapport aux règles d'urbanisme traditionnelles ou à certaines contraintes administratives qui sont parfois antagonistes avec les économies d'énergie. Nous sommes par exemple, à l'intérieur d'un périmètre soumis à l'aval des Bâtiments de France. Concrètement, les performances thermiques des bâtiments seront imposées, la voiture n'aura pas la priorité. Ce projet obligera tout le monde, élus, administration, architecte, à remettre en cause ses habitudes ».


Plogastel prêt à ouvrir son lotissement écologique

Le maire de Plogastel-Saint-Germain n'attend plus que le permis de lotir pour lancer le premier éco-quartier de Cornouaille sur un terrain communal à l'entrée du bourg. D'où est venue cette idée d'éco-quartier à Plogastel ?

C'est une initiative personnelle. Je suis un ancien militant écologiste. Ce n'est pas un effet de manche. Mais il y a eu aussi une rencontre fortuite avec le maire de Bazouges-sous-Hédé en Ille-et-Vilaine où un lotissement écologique est sorti de terre en 2006.

Quelles étaient les motivations ?

Plogastel est une commune agricole, nous travaillons pour les économies d'espace. C'est aussi un territoire important pour l'approvisionnement en eau d'une partie du Pays bigouden. La rivière de Pont-l'Abbé démarre ici. Nous avons le souci de protéger cette ressource. Par ailleurs, nous sommes dans la deuxième couronne périurbaine de Quimper. La mise en service du contournement Nord-Ouest va augmenter l'attractivité du territoire.

Quels sont les principes retenus ?

Nous voulons un lotissement où existe une mixité sociale et générationnelle. Nous voulons aussi qu'il soit intégré dans l'existant. Nous voulons enfin optimiser les économies d'énergie. Se posait aussi la question de savoir s'il était pertinent de créer un lotissement à Plogastel pour des habitants qui auraient des kilomètres à faire pour aller travailler. Nous ne voulons pas être une commune dortoir. Il y a des emplois à venir notamment dans la future maison de retraite. Et il y a aussi des retraités qui s'installent.

Comment avez-vous procédé ?

Une des clés a été la démarche participative. Nous avions donc un terrain à lotir. Un comité de pilotage a été créé qui réunit des habitants de Plogastel, des futurs résidents du lotissement, des représentants d'associations locales, des élus, l'architecte et même un porteur de projet privé intéressé. Ce n'est pas seulement un lotissement traditionnel avec récupérateur d'eau et panneaux solaires. Notre démarche de développement durable est globale et militante.

Le cahier des charges s'est donc construit peu à peu avec le comité de pilotage et la participation du cabinet rennais Setur.

Et les choix d'aménagement ?

Nous avons dessiné un plan de liaisons piétonnes avec le bourg et les écoles. Nous avons ensuite décidé de créer un jardin de détente à côté du lotissement pour en faire un lieu d'échanges. À l'intérieur du lotissement nous privilégions le piéton. C'est-à-dire que chaque parcelle doit intégrer un espace pour une automobile, le stationnement étant rendu impossible dans les rues du lotissement. Il se fait uniquement sur un parking à l'entrée. Les rues excluent le goudron mais seront couvertes par un revêtement plus écologique. Les maisons seront mitoyennes par deux afin de limiter les déperditions d'énergie. Sur le plan paysager, des essences végétales, comme le laurier palme, le thuya, le cyprès seront interdites.

Il y a un surcoût ?

Nous voulons tenir le prix du lotissement traditionnel, c'est-à-dire autour de 35 € le m² comme pour le précédent lotissement. Il y aura bien sûr une mixité sociale avec sur les 15 lots, trois consacrés à des logements sociaux mixtes avec accession à la propriété, un petit collectif de six logements et 12 pour les particuliers (11 lots ont déjà été réservés).

Comment l'idée a-t-elle été reçue ?

Le conseil municipal est unanime, opposition comprise. L'Association Ouest-Cornouaille Promotion y a adhéré et a permis que nous obtenions des subventions européennes à condition que nous allions au bout d'un projet innovant qui devienne un modèle. Il rentre aussi dans le cadre de la Gestion intégrée des zones côtières. Finalement, pour obtenir les subventions, nous avons dû aller très vite. Ca m'embête un peu, car le développement durable c'est aussi une réflexion qui doit mûrir. L'évolution des mentalités se fait peu à peu. Elle ne s'impose pas.

Maison bioclimatique : le chantier de tous les possibles


Elle pousse, la maison bioclimatique. À force d'abnégation. Voilà quinze mois que Marine Hentic et Michel Le Lay ont lancé le chantier près du marais de Mousterlin, à Fouesnant. Un chantier de tous les possibles, soucieux de notre avenir écologique et social. À découvrir cette semaine.

À dire vrai, des dizaines et dizaines de personnes ont d'ores et déjà contribué à ériger la maison ou visité le chantier, à tendance participative, de Michel, Marine et leurs deux enfants. Leur maison de paille, terre, chaux, bois et verre mêlés ambitionne de capter le maximum d'énergie solaire, puis de stocker l'air chaud en l'insufflant dans un circuit en terre cuite posé dans les fondations. Isolation minutieuse, inertie déterminante. Et température ambiante garantie, quelle que soit la saison. Avec un poêle à bois d'appoint tout de même ! Le couple de quadragénaires, qui a presque tout plaqué pour ce « projet de vie », vise « une consommation réduite à 15 kwh par m² et par an ». Depuis plus d'un an (Le Télégramme du 12 octobre 2006), c'est leur propre énergie que Marine et Michel brûlent. Parfois jusqu'à l'épuisement. Témoins cette toiture réalisée malgré des mois d'intempéries, ces 700 briques en terre qu'ils ont fabriquées, où l'enduit en terre et fibre de paille (1,7 t/m³) qu'ils ont brassé.

« C'est physique »


« C'est physique, c'est sûr, mais nous avons fait le choix de construire la maison sans compromis, commente Michel Le Lay. On n'a rien inventé, mais on cherche toujours à explorer les techniques à mettre en oeuvre. Cela représente des heures de documentation sur Internet et dans les livres, de tests et d'application derrière... Et ça marche ! Moi qui savais tout juste changer une ampoule il y a deux ans... » « Il faut être entouré d'amis et de proches pour avancer, complète-t-il aussitôt. Et savoir se ménager aussi, car, face à l'ampleur de la tâche, à tous les problèmes qui se posent simultanément, il faut vraiment être dans de bonnes dispositions physiques et psychologiques. Nous ne l'avons pas toujours été... » Heureusement, laisse-t-il entendre, leurs enfants leur rappellent que pour préparer leur avenir, il convient de préserver le quotidien.

Ronan Larvor, Bruno Salaün - Le Télégramme