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Immobilier. La flambée, c'est fini

Article ajouté le mardi 23 octobre 2007

Après six années de flambée des prix de l'immobilier, les notaires bretons ont enregistré avec satisfaction « l'atterrissage en douceur » qu'ils appelaient de leurs voeux. La hausse a commencé à se calmer en juin 2006, et la décrue s'est accélérée au début 2007. Au point que les dernières tendances de l'été réflètent une stagnation des montants des transactions, voire une légère baisse selon les secteurs. Pour autant, les notaires n'envisagent pas un retournement du marché, mais un sain retour à une progression proche de celle du coût de la vie.

Des logements dont les prix augmentent six fois plus vite que les salaires, ça ne pouvait pas durer éternellement. Depuis deux ans, les notaires guettent un assagissement. Il aura fallu la conjonction de plusieurs éléments pour que cesse « cette folle euphorie ». Les explications de Bruno Bernard, président du Conseil régional des notaires.

Taux de crédit et élections

D'abord, il y a eu huit hausses des taux du crédit en l'espace de deux ans. Ça n'a pas suffi. Ensuite, il y a eu l'attentisme traditionnel des périodes pré-électorales, qui a commencé voici près d'un an. Et puis, il y a eu la crise immobilière des Etats-Unis entraînant la prudence des candidats-acheteurs, inquiets d'une possible contagion. Enfin, les annonces de mesures de déduction fiscale des intérêts d'emprunt ont conduit les acquéreurs à différer leur investissement-logement.

Les acheteurs négocient

Résultat : des stocks de biens en vente qui augmentent, des acheteurs qui négocient, des transactions qui traînent en longueur, et des jeunes familles qui diffèrent leur projet de revente pour acheter plus grand. Avec, à la clé, des vendeurs qui consentent à rabaisser leur prétention. « Nous avons même de nombreux vendeurs qui nous appellent eux-mêmes pour diminuer le prix », commente le notaire. « Ça ne s'était pas vu depuis des années ».

Report sur la construction

Les chiffres du premier semestre 2007 font état d'une baisse dans le Morbihan (-4,5 %) et les Côtes-d'Armor (-2 %), d'une stagnation pour l'Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique, et d'une légère progression (+2,7 %) dans le Finistère. Seuls les terrains continuent à augmenter (entre 4 % en Ille-et-Vilaine et 13,5 % dans le Finistère). Logique : les logements anciens ont tellement flambé que la construction est devenue un choix économique. Comment la situation va-t-elle évoluer ? À en croire les notaires, la mini-baisse des derniers mois ne va pas durer. Leurs impressions du moment les incitent même à penser qu'elle est déjà finie.

Frémissement en septembre

« Un frémissement est perceptible depuis début septembre », estime Bruno Bernard, confiant dans un redémarrage du marché sur des bases assainies, et à un rythme sage. Pourquoi ? Tout simplement parce que « le besoin de logement reste supérieur à l'offre ». Et parce que l'épisode du début de l'année a prouvé que le désir de propriété ne pouvait pas se satisfaire à n'importe quel prix, et surtout au prix du risque.

Le Télégramme