Ce type de surface, au nord-est de la ville, plutôt prisée et accessible, ne court pas les rues dans l'agglomération. Il y a deux ans, elle avait failli trouver preneur, mais le groupe américain avait dit « stop ». La mise en vente, dont le comité d'entreprise a été informé (le Télégramme du 25 novembre) est de nouveau d'actualité. Certains investisseurs ont depuis manifesté de l'intérêt sur ce dossier. On ne sait si la collectivité serait tentée par un tel outil.
Au demeurant, l'arrière-plan reste sensible, au moins à l'échelle brestoise : en juillet 2002, Jabil avait repris les 697 salariés du secteur industriel d'Alcatel, qui fabriquait des autocommutateurs. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 299 (fabrication de cartes électroniques et intégration en télécoms, médical, aéronautique et grand public). En mars prochain, ils seront 106 de moins. La mise en vente signifie-t-elle un désengagement ? « Pas du tout » affirme Michel Petit, le directeur de l'usine brestoise. Il n'y a aucun impact sur la pérennité de Jabil sur Brest et le site dont nous deviendrons locataires ». Dont acte.
« Optimiser »
Des observateurs jugent d'ailleurs que le fait pour le groupe Jabil d'être propriétaire ou locataire à Brest n'est pas déterminant dans le choix éventuel, un jour, de rester ou pas. « Notre souhait est d'optimiser l'occupation du site » explique, pour sa part, le directeur.Aujourd'hui, près de 5.000 m² d'ateliers et de bureaux sont inoccupés. Jabil en loue environ 7.400 autres à Alcatel Lucent et un peu plus de 6.600 à DHL. Dans la configuration à venir, Jabil diminuerait, d'environ 23.000 m² à 18.800 m².
Il semble qu'Alcatel Lucent (240 salariés environ) souhaiterait soit se repositionner ailleurs soit se développer sur le site même, qui a des réserves. 8.000 m² de bureaux au minimum y seraient constructibles.
Symbolique aussi
Cette mise en vente est quand même chargée aussi de symbolique, dans un tissu industriel brestois où ceux qui pèsent vraiment ne sont pas légion (DCNS, Thales, SDMO, Meunier). En 1972, quand le Suédois Ericsson a ouvert le site, la Datar (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale) avait facilité sa venue. C'était une autre époque, également celle du boom de la téléphonie.Jusqu'à 930
Le site, monté à 930 personnes un moment, est passé en 1980 Thomson CSF Téléphone, puis Telic Alcatel puis Alcatel Business Systems, avec des variations d'effectifs, et une pointe à 930 salariés en 2000. Qu'Alcatel ait cédé à Jabil en 2002 la partie industrielle ne l'exonère pas. Même s'il a fourni du travail au repreneur, certains observateurs pensent qu'il lui a laissé, d'une certaine façon, le volet social à traiter.En s'en tenant aux chiffres, 430 emplois existeront en mars prochain, en additionnant Jabil et Alcatel Lucent, soit 500 de moins par rapport à la période de pointe...
Vincent Durupt - Le Télégramme

