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Immobilier. Les prix Bretons

Immobilier. Les prix Bretons

Immobilier. Les prix Bretons

Article ajouté le jeudi 12 mars 2009

Entamé début 2008, le fléchissement du marché de l'immobilier breton s'accélère depuis la fin de l'année dernière. Plus que les prix, c'est le nombre de transactions qui a chuté.

Sur le marché de l'immobilier breton, 2008restera une année charnière avec deux évolutions fortes: d'un côté, des prix qui ont certes baissé mais qui ne se sont pas effondrés et, de l'autre, un nombre de transactions qui, lui, a sévèrement chuté.

«Plus que les prix, c'est surtout le volume des transactions qui a baissé», confirme Anne-Sophie Queinnec, notaire à Brest. Le coup d'arrêt s'est produit à la rentrée 2008 mais déjà, au troisième trimestre 2008, le nombre des affaires s'était réduit significativement. Pour les maisons anciennes et par rapport au même trimestre de 2008, la baisse du volume des ventes a été de 21% dans le Morbihan, 28% dans les Côtes-d'Armor, 19% dans le Finistère et 18% en Ille-et-Vilaine, selon les Notaires de Bretagne.

Un début 2009 très calme

Cette tendance s'est ensuite largement amplifiée. Notaire à Questembert (56), Me Michel Serrazin évalue en ce début d'année à 50% la baisse des transactions dans le neuf et à 30% celle dans l'ancien par rapport au début 2008 dans le Morbihan. Des ordres de grandeur qui ne sont pas très différents dans les autres départements bretons.

Les prix n'ont pas épousé la même courbe, en tout cas, pas avec la même ampleur. Sur le premier semestre 2008 et même jusqu'à la fin de l'été, ils baissent, certes, mais très modérément. Le dernier trimestre 2008 a cependant marqué un tournant. Les chiffres des notaires le confirment. Dans les Côtes-d'Armor, le prix moyen des maisons anciennes a perdu 3,8% au cours des trois derniers mois de 2008 par rapport à ceux de 2007. Dans le Morbihan la baisse a été de 5,2% et de 7,4% dans le Finistère. Dans la première couronne rennaise, 9,3%!

Entre - 10 et - 15% au premier trimestre

Une tendance que ce début d'année confirme. Pour le premier trimestre par rapport au même trimestre 2008, Me Michel Serrazin évalue, tous biens confondus, la baisse des prix entre 10 et 15%. Cette baisse n'a cependant rien d'un krach. Sans doute parce que le marché breton n'est pas un marché spéculatif. Rien à voir avec ce que l'on peut constater dans d'autres régions.

Ce «réajustement» est-il encore insuffisant pour faire revenir les acquéreurs chez les notaires et dans les agences? Parce que pour l'instant, ils continuent à se faire assez discrets. «Pour les appartements à plus de 100.000euros et pour les maisons à plus de 200.000, on n'a quasiment pas de demandes. Tout le monde attend», observe-t-on dans une agence immobilière de Quimper.

Question de confiance

Les vendeurs seraient-ils encore trop exigeants? «Il y a des gens qui ont encore le prix de l'année dernière dans la tête mais le prix qu'ils veulent n'est plus le prix réel», souligne Me Anne-Sophie Queinnec. Pour autant, les acheteurs doivent-ils parier sur une amplification de la baisse? «Aujourd'hui, on a des prix convenables. Un appartement qui est actuellement à 1.600euros le mètre carré en plein centre-ville, c'est son prix. Il ne faut pas croire qu'il va descendre à 1.000euros.»

Aujourd'hui, le marché se trouve clairement du côté de l'acquéreur. «C'est lui qui a les cartes en main», souligne Me Bernard Le Griguer, notaire à Paimpol. Ils ne diront certes pas le contraire, mais, pour les professionnels, avec des prix et des taux d'intérêts qui baissent, c'est le moment d'acheter. Et en plus, il y a du choix. Reste la confiance, probablement l'élément le plus déterminant. Mais on ne peut pas dire que pour l'instant la situation économique incite à des projets immobiliers.

Voir la vidéo sur www.letelegramme.com : Immobilier. Un marché qui flanche

Yvon Corre - Le Télégramme (Photo François Destoc)