Maisons neuves. Le marché freiné par le coût du foncier
Les ventes de maisons individuelles ont baissé de 5,2 % en France, mais de 8 % dans l'Ouest. Au premier rang des accusés, le coût du foncier.
Seule la région Centre poursuit sa croissance des ventes de maisons individuelles à + 4 %, toutes les autres décélèrent, en particulier l'Ile-de-France (- 11 %), l'Ouest (- 8 %) et le Nord (- 7 %). Pas question pour autant de dramatiser. Depuis le début des années 2000, les taux de progression ont été spectaculaires. « Le marché s'est tassé, il n'a pas décroché », souligne Christian Louis-Victor, président de l'Union nationale des constructeurs de maisons individuelles (UNCMI).
Les ménages s'essoufflentEn Bretagne, les baisses atteignent 10 % dans le Finistère, 9 % en Ille-et-Vilaine, 4 % dans les Côtes-d'Armor et 2 % dans le Morbihan. Cet essoufflement s'explique par la baisse régulière des candidats à la première accession, notamment les ménages modestes confrontés à des coûts d'accession dont la hausse dépasse largement celle de leurs revenus.
Terrain aussi cher que la maisonL'UNCMI se veut rassurante en affirmant que, par rapport au prix de l'ancien et du collectif neuf, « l'offre des constructeurs individuels en secteur diffus reste très compétitive ». Et d'avancer des prix oscillant autour de 1.000 euros TTC le m², soit un prix moyen de 120.000 euros TTC pour une maison de 115 m². Mais il s'agit d'un prix hors foncier. C'est là que le bât blesse ! « Pour un jeune qui veut construire dans le bassin brestois, le prix du terrain approche celui de la maison elle-même », commente Jean-Robert Charlet, secrétaire général de la Fédération française du bâtiment pour le Finistère. « Les terrains deviennent abordables à 20 km à l'intérieur des terres ».
Rare et cherLe problème est le même partout en Bretagne. Le foncier est rare, et donc cher. En Ille-et-Vilaine, les couronnes se multiplient autour de Rennes. La quatrième couronne est arrivée à Caulnes, à 50 km de la capitale départementale. « Les communes se trouvent confrontées de vrais arbitrages entre le développement de l'urbanisme et l'équilibre des terres agricoles », explique Jean-François Henry, secrétaire général de la FFB des Côtes-d'Armor. « A l'avenir, il faudra sans doute accoler davantage les maisons et construire davantage de collectifs pour manger moins de terres ». Le Morbihan continue quant à lui son bonhomme de chemin. Le département connaît un solde migratoire positif. « La petite pause de 2 % de baisse devrait être salutaire, estime Pierre Moins, secrétaire général de la FFB du Morbihan. Le ruban d'or de Lorient-Vannes remonte sur Pontivy, les jeunes doivent s'éloigner de plus en plus du littoral ». A l'entreprise CLB de Saint-Brieuc, un responsable évoque de son côté le tassement du pouvoir d'achat, le manque de confiance des candidats et la plus grande réticence des banques à prêter de l'argent aux jeunes.
Yves Drévillon - Le Télégramme