Prêt-relais : certaines nuits on ne dort plus
Article ajouté le jeudi 12 mars 2009
La famille s'était agrandie et le jeune couple décide de faire construire une maison plus grande et plus moderne. En juin2007, Stéphanie, enseignante et son compagnon, commercial, mettent donc en vente celle acquise quatre ans plus tôt à l'occasion d'une mutation professionnelle à Concarneau.
En attendant un acquéreur, le couple fait un prêt-relais sur 18 mois de 75.000euros pour acheter un terrain à Trégunc. En espérant évidemment que la maison de Concarneau sera rapidement vendue.
La panade
Cette maison, le couple l'avait achetée 115.000euros. «Je m'étais dit: si je la vends 150.000euros, je serai super contente. Mais l'agence m'a assuré que je pourrais facilement en tirer 180.000euros et qu'elle se vendrait vite», explique Stéphanie. «Il y a même une deuxième agence qui m'a promis 190.000euros.» Des promesses qui l'ont conduite à refuser une première offre à 140.000euros. Au début, les visiteurs sont assez nombreux et puis, pendant l'hiver 2008, plus rien ou presque. «On a eu la visite de trois jeunes couples qui voulaient acheter mais ils n'ont pas pu obtenir de prêts.» Le désespoir commence à gagner Stéphanie. «Certaines nuits, on ne dort plus. On se retrouve dans une panade pas possible», raconte-elle. D'autant que le prêt-relais se termine en février2009 et que la banque refuse de le prolonger. «Il a fallu que l'on se batte.» Finalement, la banque accepte une prolongation de six mois du prêt-relais et le gel du remboursement du prêt de la maison de Concarneau. «Si on avait dû tout payer, ça faisait 2.500euros par mois. Ce n'était pas possible.»Soulagement
Petit miracle inespéré, il y a un mois: une offre parvenait enfin au couple mais une proposition très éloignée de ce que l'agence leur avait promis. «On a quand même réussi à faire remonter un peu le prix. A 130.000euros j'ai fini par dire oui.» Une somme qui ne permettra pas de boucler le budget de la nouvelle maison. Un prêt supplémentaire de 30.000euros sera nécessaire. Ce qui portera à 1.350euros les remboursements mensuels.Mais bon, même si ce sera difficile, Stéphanie est aujourd'hui soulagée. Avec le recul, elle se dit qu'elle aurait dû accepter la première offre. Mais qui aurait pu prévoir que le marché se serait ainsi retourné?
Sur le même sujet :
Immobilier. Les prix Bretons baissentYvon Corre - Le Télégramme
